
Sauf que ce n'est pas un choix binaire, et que le fonds euros n'est pas aussi « sans risque » qu'il en a l'air. Dans une assurance vie ou un PER, la façon dont vous répartissez votre argent entre ces deux familles de supports pèse souvent plus lourd, sur vingt ans, que le contrat lui-même ou le moment précis où vous avez investi.
Voici comment se raisonne cette répartition, avantages comme limites, sans langue de bois. C'est une information générale, pas un conseil personnalisé : la bonne réponse dépend de votre situation, et c'est précisément ce qu'un bilan permet de cadrer.
L'essentiel
- Le fonds euros garantit votre capital mais ne protège pas toujours de l'inflation ; les unités de compte visent plus de performance en contrepartie d'un risque de perte.
- Ce n'est pas un choix binaire : un contrat multisupport permet de combiner les deux dans le dosage qui vous convient.
- Trois critères guident la répartition : votre horizon de placement, votre tolérance au risque et votre situation patrimoniale globale.
- Frais et fiscalité pèsent lourd sur le résultat : raisonnez toujours en performance nette de frais.
Fonds euros ou unités de compte : deux promesses opposées
Au fond, vous arbitrez entre deux choses faciles à nommer, plus difficiles à vivre au quotidien : la sécurité d'un côté, le potentiel de croissance de l'autre. Les deux familles de supports répondent à ce dilemme de façon radicalement différente.
| Fonds euros | Unités de compte | |
|---|---|---|
| Capital | Garanti par l'assureur | Risque de perte en capital |
| Potentiel de rendement | Borné, surtout obligataire | Plus élevé sur le long terme |
| Disponibilité | À tout moment, hors marchés | Liquidité parfois variable |
| Suivi | Aucun pilotage nécessaire | Diversification et durée requises |
Le fonds euros repose sur une garantie en capital apportée par l'assureur. L'argent que vous y placez ne baisse pas en valeur (hors frais), et les intérêts crédités chaque année vous sont définitivement acquis : c'est l'effet de cliquet, le filet de sécurité qui rassure tant d'épargnants. La contrepartie ? L'assureur investit surtout en obligations peu risquées, ce qui borne mécaniquement le rendement.
Les unités de compte (les UC) sont, elles, investies sur les marchés : actions, obligations d'entreprises, immobilier via des SCPI, fonds diversifiés, parfois du private equity. Leur valeur monte et descend. L'assureur ne garantit pas le capital : vous supportez un risque de perte, mais vous accédez à un potentiel de performance plus élevé sur le long terme.
Et en réalité, vous n'avez pas à trancher pour l'un OU l'autre. Un couple reçu récemment, propriétaires dans le Grand Nancy avec un crédit immobilier encore en cours, était persuadé qu'il fallait « choisir son camp » : un contrat multisupport moderne leur permet au contraire de combiner les deux dans les proportions qu'ils veulent.
La vraie question n'est donc pas « lequel choisir », mais « dans quel dosage, et pour quel projet ».
Le fonds euros est-il vraiment sans risque ?
C'est la phrase que j'entends le plus souvent en rendez-vous, presque mot pour mot : « Moi, je préfère le fonds euros, au moins je ne perds rien. » Je comprends le réflexe. Mais il mérite une nuance que beaucoup d'épargnants découvrent trop tard.
Ses atouts sont réels, commençons par là :
- Capital garanti : vous ne perdez pas votre mise, ce qui en fait un support adapté à une épargne de précaution ou à un horizon court.
- Disponibilité : vous récupérez votre argent quand vous voulez, sans dépendre du niveau des marchés ce jour-là.
- Simplicité : aucun suivi actif n'est nécessaire, vous n'avez rien à piloter.
Vient ensuite la nuance, et elle est de taille. Le rendement du fonds euros dépend du contexte des taux et peut rester modeste. Surtout, il faut raisonner en termes réels : si l'inflation dépasse le rendement net de frais, votre pouvoir d'achat s'érode année après année, même si le chiffre sur votre relevé ne baisse jamais. Le capital nominal est protégé, pas forcément sa valeur réelle.
Je me souviens d'un retraité de Meurthe-et-Moselle, fier de n'avoir « jamais rien perdu » en trente ans de fonds euros : sur la durée, son épargne avait pourtant glissé en pouvoir d'achat sans qu'il s'en rende compte. Je le formule donc ainsi : le fonds euros vous protège de la volatilité, mais pas systématiquement de l'inflation.
Ce sont deux risques différents, et tout miser sur la sécurité apparente, c'est parfois échanger un risque visible contre un risque invisible. Voilà pourquoi « sans risque » est un raccourci qu'il faut manier avec prudence.
À retenir : le fonds euros protège votre capital de la volatilité des marchés, pas de l'érosion liée à l'inflation. Si celle-ci dépasse le rendement net de frais, votre pouvoir d'achat diminue même quand le chiffre affiché ne baisse pas.
Unités de compte : du potentiel, mais des risques à regarder en face
Les unités de compte servent à faire travailler votre épargne sur la durée. Sur un horizon long, l'exposition aux marchés actions ou à l'immobilier a historiquement permis de viser un rendement supérieur aux supports garantis. J'insiste sur « historiquement » et sur « viser » : aucune performance future ne peut être promise, et ce serait malhonnête de vous le laisser croire.
Le revers est réel, et il faut l'accepter en connaissance de cause :
- Risque de perte en capital : la valeur d'une UC peut baisser, parfois fortement et pendant longtemps.
- Volatilité : les variations à court terme sont inconfortables, ce qui suppose de ne pas avoir besoin des sommes engagées à brève échéance.
- Liquidité variable : certaines UC, comme l'immobilier non coté ou le private equity, se revendent moins facilement et immobilisent votre argent plus longtemps.
Une scène revient souvent dans mon bureau : un épargnant qui, après une baisse des marchés, veut « tout vendre pour arrêter les frais ». C'est précisément le moment où il ne faut pas céder. Pour réduire ces risques sans renoncer au potentiel, deux leviers comptent vraiment.
La diversification d'abord, entre zones géographiques, secteurs et classes d'actifs, pour ne pas dépendre d'un seul pari. Le temps ensuite, qui lisse les à-coups des marchés. Une UC ne se juge jamais isolément, mais à l'intérieur d'une allocation cohérente. Un fonds qui a brillé l'an dernier n'a pas sa place dans votre contrat juste pour cette raison.

Ma méthode pour arbitrer entre fonds euros et unités de compte
Il n'existe pas de répartition idéale universelle, et je me méfie de quiconque vous tend une formule toute faite. La bonne allocation découle de votre situation. Voici les trois questions qui structurent l'arbitrage quand je reçois un épargnant à Nancy.
1. Votre horizon de placement. Pour un apport immobilier prévu dans deux ou trois ans, la sécurité du fonds euros prime, sans hésiter. Pour préparer une retraite à quinze ou vingt ans, les UC retrouvent tout leur sens, car le temps absorbe la volatilité. L'horizon est souvent le critère le plus mal évalué : on raisonne avec la peur du moment, pas avec la durée réelle du projet.
2. Votre tolérance au risque. Au-delà de la théorie, posez-vous la vraie question : si votre contrat affichait une baisse marquée pendant plusieurs mois, comment réagiriez-vous, honnêtement ? Une bonne allocation, c'est celle que vous gardez sans craquer au plus mauvais moment. Une allocation parfaite sur le papier mais que vous abandonnez dans la panique ne vaut rien.
3. Votre situation patrimoniale globale. Votre épargne de précaution disponible, vos revenus, un éventuel crédit en cours, vos autres placements : tout cela change la donne. Quelqu'un qui dispose déjà d'une réserve de sécurité solide peut envisager une part d'UC plus élevée, parce qu'il n'aura pas à toucher à son contrat au pire moment.
Un exemple concret, anonymisé, pour donner à voir le raisonnement. Un cadre de 36 ans, célibataire, reçu récemment, dormait sur 100 % de fonds euros « pour ne pas prendre de risque », tout en ayant déjà une épargne de précaution confortable sur son livret et un horizon retraite à plus de vingt ans.
Après avoir cadré son projet et sa tolérance réelle aux variations, nous avons fait basculer son PER progressivement vers une répartition de l'ordre de 30 % fonds euros et 70 % UC diversifiées, alimentée par des versements programmés mensuels pour lisser les points d'entrée. Le but n'était pas de « prendre plus de risque », mais d'aligner enfin son allocation sur son horizon réel.
De ces trois réponses découle une répartition, plus défensive ou plus dynamique, puis le choix précis des supports. En architecture ouverte, comparer les solutions de plusieurs partenaires permet de rechercher une performance nette de frais cohérente avec votre objectif.
Gestion libre, gestion pilotée et arbitrages dans le temps
Une fois la répartition de départ définie, deux modes de gestion s'offrent à vous. En gestion libre, vous décidez vous-même de la composition et des arbitrages : vous gardez la main, mais aussi la responsabilité du suivi. En gestion pilotée (ou sous mandat), un gestionnaire ajuste l'allocation pour vous selon un profil défini, ce qui convient à ceux qui préfèrent déléguer et ne pas surveiller les marchés.
Quel que soit le mode choisi, l'allocation n'est jamais figée. Plusieurs mécanismes la font évoluer :
- L'arbitrage : vous transférez une partie de votre épargne d'un support vers un autre, par exemple du fonds euros vers des UC, ou l'inverse pour sécuriser des gains acquis.
- La sécurisation progressive : à mesure que votre projet approche, vous réduisez la part d'UC pour protéger les sommes accumulées.
- Les versements programmés : investir régulièrement sur les UC lisse les points d'entrée et évite de tout placer au plus haut, sans avoir à deviner le bon moment.
Un conseil que je répète souvent : méfiez-vous des arbitrages dictés par l'émotion. Vendre après une baisse, c'est transformer une perte sur le papier en perte définitive. Une stratégie posée à froid, puis revue à intervalles réguliers, vaut presque toujours mieux que les réactions à chaud devant l'actualité.
Frais, fiscalité et accompagnement local à Nancy
Deux facteurs pèsent fortement sur le résultat final et restent souvent sous-estimés.
Les frais d'abord : frais sur versement, frais de gestion annuels du contrat, frais propres aux supports, frais d'arbitrage éventuels. Ils se cumulent et grignotent la performance dans la durée, parfois plus que vous ne l'imaginez. C'est pourquoi je raisonne toujours en performance nette de frais et que je mets cette grille noir sur blanc devant le client, plutôt que de me lancer dans des comparaisons hasardeuses.
La fiscalité ensuite : l'assurance vie bénéficie aujourd'hui d'un cadre fiscal souvent présenté comme avantageux, dont l'intérêt réel dépend de votre situation et qui peut évoluer au gré des lois de finances. Concrètement, au-delà de huit ans de détention, vos retraits profitent, selon le barème en vigueur en 2026, d'un abattement annuel sur les gains de 4 600 € pour une personne seule et de 9 200 € pour un couple soumis à imposition commune, ce qui permet souvent de récupérer une partie de l'épargne avec une fiscalité allégée.
Les prélèvements sociaux, eux, restent à 17,2 % en 2026 sur les gains de l'assurance vie. La fiscalité s'applique généralement lors des retraits, ce qui laisse l'épargne fructifier entre-temps. Les règles précises évoluant au fil des lois de finances, mieux vaut les vérifier au moment où vous montez votre projet plutôt que de vous fier à une vieille certitude.
J'accompagne des épargnants de Nancy, de Meurthe-et-Moselle et plus largement de Lorraine. Pour les frontaliers du Luxembourg, dont la situation appelle souvent une réflexion spécifique, je veille à rester dans mon périmètre et à orienter vers un fiscaliste quand le sujet l'exige. Je prends le temps de comprendre votre situation avant la moindre recommandation.
Si vous hésitez sur la répartition entre fonds euros ou unités de compte, ou si vous voulez un regard neutre sur un contrat existant, vous pouvez demander un premier bilan patrimonial gratuit, à Nancy ou à distance, sans engagement. Ce premier échange est sans frais et sans obligation, pour que vous sachiez précisément à quoi vous attendre avant d'aller plus loin.
Questions fréquentes
Vaut-il mieux choisir le fonds euros ou les unités de compte ?
Aucun des deux n'est meilleur dans l'absolu. Le fonds euros sécurise le capital mais offre un potentiel limité et ne protège pas toujours de l'inflation, tandis que les unités de compte visent une performance supérieure en contrepartie d'un risque de perte en capital. Le bon choix dépend de votre horizon, de votre tolérance au risque et de votre situation globale. Dans la pratique, une combinaison des deux est souvent la réponse la plus pertinente.
Peut-on perdre de l'argent avec les unités de compte ?
Oui. Contrairement au fonds euros, les unités de compte ne sont pas garanties en capital : leur valeur évolue avec les marchés et peut baisser, parfois durablement. La diversification et un horizon de placement long réduisent ce risque sans jamais l'annuler. Règle de prudence : n'y investir que des sommes dont vous n'avez pas besoin à court terme.
Comment répartir entre fonds euros et unités de compte ?
La répartition découle de trois éléments : votre horizon de placement, votre tolérance aux variations et votre situation patrimoniale d'ensemble. Plus l'horizon est long et votre épargne de précaution solide, plus une part d'unités de compte peut se justifier. À l'inverse, un projet proche appelle davantage de sécurité. Un bilan personnalisé aide à fixer ce dosage sans copier celui du voisin.
Le fonds euros est-il vraiment sans risque ?
Le capital nominal est garanti par l'assureur, vous ne perdez donc pas votre mise. Mais il existe un risque souvent ignoré : si l'inflation dépasse le rendement net de frais, votre pouvoir d'achat diminue dans le temps, même si le montant affiché ne baisse pas. Le fonds euros protège de la volatilité des marchés, pas systématiquement de l'érosion liée à l'inflation.
Peut-on modifier la répartition de son contrat après coup ?
Oui, et il est même recommandé de la revoir régulièrement. Vous pouvez réaliser des arbitrages pour transférer de l'épargne d'un support à un autre, sécuriser progressivement à l'approche d'un projet ou investir via des versements programmés. Mieux vaut suivre une stratégie définie à froid que de réagir sous le coup de l'émotion après une baisse des marchés.
Comment est imposée l'assurance vie après 8 ans ?
Au-delà de huit ans de détention, vos retraits bénéficient, selon le barème en vigueur en 2026, d'un abattement annuel sur les gains de 4 600 € pour une personne seule et de 9 200 € pour un couple soumis à imposition commune. Les prélèvements sociaux restent dus au taux de 17,2 % en 2026 sur les gains. L'imposition n'intervient qu'au moment des retraits, ce qui laisse votre épargne fructifier entre-temps. L'intérêt réel dépend de votre situation et les règles évoluent au fil des lois de finances, mieux vaut donc les vérifier avant tout retrait.
Un projet, une question ? Parlons-en
Chaque situation est différente. Un premier bilan patrimonial gratuit avec Véloci, à Nancy ou à distance, pour faire le point et avancer concrètement.